10 questions et réponses sur le pommier
Le pommier (Malus domestica) est l'un des arbres fruitiers les plus populaires et les plus cultivés au monde, célèbre pour son fruit, la pomme. Appartenant à la famille des Rosacées, il est originaire d'Asie centrale et est aujourd'hui présent dans toutes les régions tempérées. Sa culture remonte à l'Antiquité et il existe des milliers de variétés, offrant une incroyable diversité de saveurs, de couleurs et de textures. Le pommier est un arbre caduc, rustique, et sa culture demande un certain savoir-faire, notamment en matière de pollinisation, de taille et de protection contre les maladies.
L'origine principale du pommier domestique, Malus domestica, se trouve dans les montagnes du Tian Shan, en Asie Centrale.
Son ancêtre sauvage direct est le Malus sieversii, une espèce qui pousse encore à l'état sauvage dans cette région (notamment au Kazakhstan).
Cependant, l'histoire du pommier cultivé est plus complexe :
La domestication de Malus domestica à partir de M. sieversii a eu lieu il y a entre 10 000 et 4 000 ans.
Au cours de sa diffusion vers l'Europe le long des Routes de la Soie, le pommier cultivé s'est largement hybridé avec d'autres espèces de pommiers sauvages locaux, notamment :
Malus sylvestris (le pommier sauvage européen), qui a fortement contribué au génome des variétés de pommes cultivées actuellement en Europe.
Malus orientalis dans le Caucase et en Iran (l'Iran étant également considéré comme un centre de domestication additionnel).
En règle générale, non, le pommier (Malus domestica) n'est pas autofertile, il est majoritairement autostérile.
La plupart des variétés de pommiers nécessitent une pollinisation croisée avec une autre variété de pommier (ou un pommetier, Malus d'ornement) pour que les fleurs soient fécondées et produisent des fruits en quantité suffisante. Cela signifie que le pollen d'une variété différente doit être transporté (généralement par les abeilles et autres insectes butineurs) jusqu'aux fleurs de l'arbre.
Variétés autofertiles (Autofécondes)
Cependant, il existe des variétés spécifiques de pommiers qui sont autofertiles (ou faiblement autofertiles), comme par exemple 'Ariane' ou certains pommiers nains. Si vous ne pouvez planter qu'un seul pommier dans votre jardin, il est conseillé d'opter pour une variété explicitement mentionnée comme autofertile.
Importance de la Pollinisation Croisée
Même pour les variétés qualifiées d'autofertiles, la présence d'un pollinisateur compatible (une autre variété de pommier fleurissant à la même période) est souvent recommandée pour améliorer le rendement et la qualité de la récolte.
Pour réussir la fructification, il faut donc :
Planter au moins deux variétés de pommiers (ou un pommier et un pommetier) compatibles.
S'assurer que leurs périodes de floraison coïncident.
Permettre la circulation des insectes pollinisateurs (comme les abeilles).
La taille du pommier s'effectue principalement en hiver, hors période de gel, et peut être complétée par une taille en été.
1. Quand tailler ?
Taille d'hiver (la plus importante) :
Idéalement de février à mars, avant le débourrement, mais hors gel.
Elle peut se pratiquer de novembre à mars.
On distingue :
La taille de formation (pour les jeunes arbres) et de rajeunissement (pour les vieux pommiers).
La taille de fructification (pour optimiser la récolte), souvent pratiquée en février-mars quand il est plus facile de différencier les bourgeons à bois (pointus) et les bourgeons à fleurs (plus ronds et gonflés).
Taille d'été (ou "en vert") :
En juillet, après la chute naturelle des petits fruits, et quand les fruits sont formés mais encore petits.
Elle a pour but d'améliorer l'ensoleillement et l'aération des fruits, de stimuler la formation de boutons à fleurs pour l'année suivante, et de contenir la vigueur.
2. Comment tailler (Taille d'hiver pour un arbre adulte) ?
Le but est d'aérer l'arbre pour que la lumière pénètre et que l'air circule, ce qui limite les maladies et favorise des fruits de qualité.
Supprimez les branches indésirables :
Éliminez le bois mort, malade ou abîmé.
Coupez les branches qui se croisent ou qui poussent vers l'intérieur de l'arbre.
Supprimez les gourmands (pousses très verticales et vigoureuses qui consomment beaucoup de sève sans donner de fruits).
Raccourcissez les branches :
Taillez l'extrémité des branches charpentières pour contenir la hauteur et favoriser la ramification. On les raccourcit souvent d'environ un tiers.
Coupez toujours juste au-dessus d'un bourgeon (œil) bien orienté vers l'extérieur de l'arbre.
Points importants :
Désinfectez toujours vos outils (sécateur, ébrancheur, scie) avant de passer d'un arbre à l'autre pour éviter la transmission de maladies.
Pour les grosses coupes, vous pouvez appliquer un mastic cicatrisant pour protéger la plaie.
Pour la taille de fructification, il est important de favoriser les branches courtes et horizontales qui portent le fruit (appelées dards, bourses, lambourdes) et de raccourcir les brindilles longues.
Le temps nécessaire avant d'obtenir une première récolte de pommes dépend de plusieurs facteurs, notamment la variété du pommier et surtout le type de porte-greffe utilisé.
En général, vous pouvez espérer des fruits :
Entre 3 et 4 ans après la plantation pour les pommiers greffés sur un porte-greffe nanifiant (comme le M9), qui sont souvent utilisés pour les arbres en basse-tige ou en palmette.
Entre 4 et 7 ans pour les pommiers greffés sur un porte-greffe plus vigoureux.
Il faut ce temps pour que l'arbre arrive à maturité, développe suffisamment de réserves nutritives et commence son cycle de fructification. Si vous aviez planté un arbre issu de pépin, le délai serait encore plus long, souvent entre 7 et 10 ans !
Les conditions de sol et d'exposition idéales pour un pommier sont les suivantes :
Conditions d'Exposition Idéales ☀️
Le pommier (Malus) prospère dans une exposition :
Ensoleillée : Il nécessite un minimum de 6 heures de soleil direct par jour pour une croissance saine, une bonne floraison et une fructification optimale. Une exposition au sud est souvent idéale.
Abritée : Il est important de le protéger des vents froids et violents qui peuvent endommager les branches et les fleurs, et des gelées tardives qui sont particulièrement nuisibles aux bourgeons et fleurs au printemps.
Note : Dans les régions très chaudes et très ensoleillées, une exposition à la mi-ombre peut être tolérée et même préférable pour éviter le stress thermique excessif, car le pommier apprécie les climats plutôt frais.
Conditions de Sol Idéales 🪴
Le pommier est relativement adaptable, mais il préfère un sol :
Bien Drainé : C'est la condition la plus cruciale. Il redoute l'humidité stagnante qui peut provoquer des maladies comme le chancre du collet. Si le sol est lourd, il faut améliorer le drainage.
Profond : Pour permettre un bon développement racinaire et un ancrage solide.
Riche et Fertile : Un sol riche en matière organique (avec ajout de compost ou de fumier décomposé) est essentiel pour une production abondante.
Texture : Il s'accommode de divers types de sols (sableux, limoneux, argileux-calcaires) tant qu'ils sont bien drainés. Les sols silico-argileux ou argilo-calcaires sont souvent considérés comme très favorables.
pH : Il préfère un pH légèrement acide à neutre (autour de 6 à 7,5). Il peut tolérer une légère présence de calcaire.
L'alternance biennale chez le pommier (et d'autres arbres fruitiers comme le poirier) est un phénomène cyclique bisannuel qui se caractérise par la succession :
D'une année avec une très forte production de fruits (appelée on year).
Suivie d'une année avec une faible production de fruits, voire aucune (off year).
Causes principales
Ce phénomène est principalement dû à la physiologie de l'arbre et à un épuisement des ressources :
Épuisement de l'arbre : L'année de forte production, l'arbre mobilise une grande quantité d'énergie et de réserves nutritives pour le développement des fruits, ce qui l'épuise.
Inhibition de la floraison future : La différenciation des bourgeons floraux (ceux qui donneront les fleurs l'année suivante) se produit durant l'été précédant la floraison. Les graines (pépins) contenues dans les nombreux fruits en développement de l'on year produisent des gibbérellines (hormones) qui inhibent la formation des nouveaux bourgeons floraux. Par conséquent, l'année suivante, l'arbre a très peu de fleurs et donc peu de fruits.
Comment l'atténuer ?
Pour tenter de régulariser la production :
Éclaircissage des fruits : L'année de forte production (on year), on retire manuellement une partie des jeunes fruits (taille d'une noisette ou d'un doigt) après la chute physiologique naturelle de juin. Cela réduit le nombre de graines et la production de gibbérellines, permettant la formation de bourgeons floraux pour l'année suivante.
Taille : Une taille régulière et adaptée favorise une bonne pénétration de la lumière et une meilleure répartition des réserves.
Choix des variétés : Certaines variétés de pommiers sont naturellement moins sujettes à l'alternance.
Les pommiers sont sujets à plusieurs maladies fongiques, bactériennes et à des attaques de divers parasites. Les problèmes phytosanitaires les plus courants sont :
Maladies du pommier 🦠
Les maladies les plus fréquentes sont d'origine fongique :
Tavelure du pommier (Venturia inaequalis) : C'est la maladie la plus dommageable. Elle se manifeste par des taches brun-noir veloutées sur les feuilles et les fruits. Sur les fruits, elle peut entraîner des crevasses et une déformation. Elle est favorisée par les conditions pluvieuses.
Oïdium du pommier (Podosphaera leucotricha) : Il se reconnaît à son feutrage blanc poudreux qui couvre les bourgeons, les jeunes pousses, les feuilles et parfois les fleurs. Les feuilles atteintes se recroquevillent. Il est favorisé par une forte humidité et des températures douces.
Moniliose : Due à des champignons (Monilia spp.), elle provoque le brunissement et le dessèchement des fleurs et des pousses (moniliose des fleurs), et surtout la pourriture des fruits qui se couvrent de petits coussinets blanchâtres et finissent par se momifier sur l'arbre.
Feu bactérien (Erwinia amylovora) : Bien que moins fréquent dans toutes les régions, il est très redouté. C'est une maladie bactérienne qui fait noircir et sécher les fleurs, les pousses et les branches, leur donnant un aspect "brûlé".
Parasites (Ravageurs) du pommier 🐛
Les principaux ravageurs sont des insectes ou des acariens :
Carpocapse des pommes et des poires (Cydia pomonella) : C'est le fameux "ver de la pomme". Sa larve creuse une galerie dans le fruit pour atteindre les pépins, provoquant la chute prématurée des fruits ou leur dégradation (pommes véreuses).
Pucerons :
Puceron cendré du pommier (Dysaphis plantaginea) : Il provoque le gaufrage et l'enroulement des feuilles qui finissent par sécher. Il est très nuisible.
Puceron lanigère du pommier (Eriosoma lanigerum) : Il forme des masses cotonneuses blanches sur les rameaux et l'écorce, qui cachent les pucerons.
Tétranyque rouge des pommiers (ou Araignée rouge) (Panonychus ulmi) : C'est un acarien qui pique les feuilles, leur donnant une couleur gris-plombé ou bronzée, et peut entraîner leur chute prématurée en cas d'attaque importante. Il apprécie les climats chauds et secs.
Mineuse tentiforme tachetée (Phyllonorycter blancardella) : Les larves creusent des "mines" ou taches claires dans l'épaisseur des feuilles.
Le meilleur moment pour planter un pommier dépend de la forme sous laquelle vous l'achetez :
Pommier à racines nues (le plus courant et souvent préférable pour une bonne reprise) :
L'automne est la période idéale, après la chute des feuilles, généralement de fin octobre jusqu'à la fin de l'hiver (mars).
Condition essentielle : Il faut absolument éviter les périodes de gel ou de fortes pluies pour la plantation. Le dicton "À la Sainte-Catherine (25 novembre), tout bois prend racine" illustre bien cette période propice.
Pommier en conteneur (en pot) :
Vous pouvez le planter pratiquement toute l'année, en dehors des périodes de gel ou de très forte chaleur.
Cependant, une plantation en automne ou au début du printemps reste préférable pour lui donner le temps de bien s'établir avant les chaleurs estivales.
En résumé : privilégiez l'automne (octobre à novembre) pour un pommier à racines nues, mais vous pouvez étendre la plantation jusqu'en mars, hors gel.
Le porte-greffe chez le pommier (comme pour la plupart des arbres fruitiers) joue un rôle fondamental et déterminant sur de multiples aspects du développement et de la production de l'arbre greffé. Il constitue la partie racinaire de l'arbre et influence directement le greffon (la variété de pomme choisie) qui est fixé dessus.
Voici les rôles principaux du porte-greffe :
1. Contrôle de la Vigueur et de la Taille de l'Arbre 🌳
C'est l'un des rôles les plus cruciaux. Le porte-greffe dicte la croissance finale de l'arbre.
Porte-greffes nanifiants (faible vigueur) (ex. M9, M27) : Ils donnent des arbres de petite taille, idéaux pour les petits jardins, les formes palissées (espalier, palmette) ou les vergers à haute densité. Ils facilitent la récolte et la taille.
Porte-greffes semi-vigoureux à vigoureux (ex. M106, Franc) : Ils donnent de grands arbres (haute-tige ou plein vent), plus adaptés aux grands espaces, avec une meilleure longévité et autonomie.
2. Adaptation aux Conditions de Sol et de Climat ⛰️
Le système racinaire du porte-greffe interagit directement avec le sol et permet d'adapter l'arbre aux conditions locales.
Type de sol : Certains porte-greffes résistent mieux aux sols lourds, argileux, calcaires, secs ou humides (ex. M7 tolère les sols secs et calcaires ; M106 craint la sécheresse).
Résistance au froid : Certains sont sélectionnés pour leur meilleure rusticité hivernale.
Ancrage : Il influence la stabilité de l'arbre. Les porte-greffes nanifiants (comme le M9) ont souvent un enracinement superficiel et nécessitent un tuteurage permanent.
3. Résistance aux Maladies et Ravageurs 🛡️
Le porte-greffe peut conférer une résistance ou une tolérance à certaines maladies spécifiques du sol ou du collet de l'arbre, ainsi qu'à des ravageurs comme le puceron lanigère ou le Phytophthora (pourriture du collet).
4. Précocité et Productivité 🍎
Le porte-greffe a un impact majeur sur le cycle de production du pommier :
Mise à fruit : Les porte-greffes de faible vigueur (nanifiants) accélèrent généralement l'entrée en production de l'arbre, qui peut donner des fruits plus rapidement (dès 2 à 4 ans).
Productivité : Un bon choix peut améliorer le rendement et, indirectement, la qualité des fruits.
En bref, le porte-greffe est la fondation stratégique de l'arbre fruitier ; il est choisi pour optimiser la vigueur, l'adaptation au terroir et la résistance de l'ensemble, afin de garantir une production fruitière efficace et adaptée au mode de culture souhaité.
Il existe un nombre impressionnant de variétés de pommes dans le monde. Les estimations varient, mais on parle généralement d'environ 20 000 à 30 000 variétés différentes au total.
Cependant, seules quelques milliers de ces variétés sont cultivées à travers le monde, et une fraction encore plus petite est réellement commercialisée. Par exemple, seulement une cinquantaine de variétés sont commercialisées en France, dont une dizaine seulement représentent l'essentiel de la production mondiale.
Suivez-nos publications :
Partager ce contenu